La police scientifique près du lieu où des ambulances de la communauté juive ont été attaquées, à Londres le 23 mars 2026 ( AFP / Henry NICHOLLS )
La police britannique a arrêté mercredi deux hommes, soupçonnés d'être impliqués dans l'incendie qui a détruit quatre ambulances de la communauté juive à côté d'une synagogue à Londres dans la nuit de dimanche à lundi.
La police avait indiqué lundi enquêter sur la revendication d'un "groupe islamiste" inconnu jusqu'à récemment et soupçonné d'avoir des liens avec l'Iran.
Les deux hommes, âgés de 47 et 45 ans, ont été arrêtés à deux adresses dans le nord-ouest et dans le centre de Londres, où des perquisitions sont en cours, a indiqué dans un communiqué la police, qui a ensuite précisé qu'ils étaient tous deux de nationalité britannique.
Ils sont soupçonnés "d'incendie criminel avec intention de mettre des vies en danger" et ont été placés en garde à vue dans un commissariat de la capitale britannique.
L'incendie qui s'est produit lundi vers 01H30 et n'a pas fait de victimes, a détruit quatre véhicules de secours d'Hatzola, une association juive gérant un service d'urgence bénévole. Les ambulances étaient stationnées sur un parking jouxtant une synagogue dans le quartier de Golders Green dans le nord-ouest de Londres, où vit une importante communauté juive.
Police et services de secours le 23 mars 2026 sur les lieux de l'incendie criminel d'une ambulance de la communauté juive à côté d'une synagogue de Londres ( AFP / Henry NICHOLLS )
L'attaque a été qualifiée lundi de "crime de haine antisémite" par la police londonienne. L'unité antiterroriste a été chargée de l'enquête, même si l'incident à ce stade n'a pas été qualifié de "terroriste".
Les arrestations de ce jour sont "une avancée importante dans l'enquête mais nous sommes aussi conscients que les images de vidéosurveillance de l'incident laissent penser qu'au moins trois personnes étaient impliquées", a indiqué la cheffe de la lutte antiterroriste à Londres Helen Flanagan, citée dans le communiqué.
Le chef de la police de la capitale, Mark Rowley, avait indiqué lundi soir que les enquêteurs exploraient "toutes les pistes, y compris une revendication en ligne d'un groupe islamiste qui a revendiqué d'autres attentats à travers l'Europe et qui pourrait avoir des liens avec l'Etat iranien".
- "Menaces" -
Une ambulance d'une association juive incendiée à Londres, le 23 mars 2026 ( AFP / Henry NICHOLLS )
Un groupe dénommé "Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya" a publié une vidéo en revendiquant l'attaque sur une chaîne Telegram nouvellement créée.
Qualifié de pro-iranien par l'organisation de veille des groupes jihadistes SITE Intelligence Group, il a revendiqué d'autres attaques récentes en Belgique et aux Pays-Bas.
Comme l'incendie lundi soir d'une voiture dans le quartier juif d'Anvers (nord de la Belgique), pour lequel deux mineurs ont été interpellés dans la foulée, soupçonnés de participation aux activités d'un groupe terroriste.
Ces faits surviennent sur fond de guerre au Moyen-Orient, mettant aux prises l'Iran, Israël et les Etats-Unis depuis près de quatre semaines.
Lundi soir, le chef de la police londonienne a alerté sur la menace posée par l'Etat iranien sur le territoire britannique, lors d'un dîner organisé par l'organisation juive Community Security Trust (CST).
"La multiplication ces dernières années, des menaces émanant de l'Etat iranien est préoccupante", a déclaré Mark Rowley. "Il est trop tôt pour moi pour imputer l'attaque" contre les ambulances "à l'Etat iranien", a-t-il toutefois ajouté, "c'est à l'enquête antiterroriste qu'il revient, à juste titre, de le déterminer".

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